Sécuriser la bascule en production de sa migration des données

Passage de l'ancien au nouveau

Nous accompagnons nos clients, souvent de grands groupes bancaires ou d’assurances, sur leurs projets de migration de données depuis plus de 15 ans au sein de Move Solutions et pas loin de 15 ans de plus dans nos vies professionnelles antérieures.

Même si on considère comme Confucius, que « L’Expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui n’éclaire que le chemin déjà parcouru », nous avons la faiblesse de penser que notre lanterne luit suffisamment pour ouvrir la route, éviter les nids de poules et anticiper les virages serrés.

Le but ultime d’une migration est la bascule en production et il y a quelques règles à respecter pour que cela se passe bien.

La conservation de la quantité en mouvement

Le premier point c’est de vérifier que l’on n’oublie rien derrière soi. Pour assurer le fonctionnement de la cible, les données sont filtrées transformées, regroupées, ventilées, … au point qu’il est difficile de s’y retrouver sans se doter d’outils de contrôle.

L’intégrité fonctionnelle de la migration, ne peut être garantie sans un travail de rapprochement de compteurs entre la source et la cible.

Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.

Anaxagore de Clazomènes (Ve siècle av. JC.)

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…

Antoine Lavoisier (1789)

Tout le monde connaît la maxime de Lavoisier (1789): « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Près de 22 siècles plus tôt, le philosophe grec Anaxagore de Clazomènes assurait déjà que « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

Transposé à la migration de données, il s’agit de s’assurer que toutes les informations se trouvant dans le système source ont bien été reprises et transformées correctement ou filtrées à bon escient.

Si comme à mon habitude, je tentais un mauvais jeu de mot, je résumerais cela, en souvenir de mes cours de Physique, comme la conservation de la quantité en mouvement.

Il est donc nécessaire de rapprocher des compteurs techniques et fonctionnels entre la source et la cible et de les présenter aux métiers et à la direction comptable de manière digeste afin que d’un seul coup d’œil, ils puissent valider la migration le jour J.

Ecran de validation de la migration de données

Sur l’exemple ci-dessus, on voit que cette validation est facile sur nos ateliers de migration de données Move Recode Data…

Les compteurs ne sont pas seulement des recensements ou de simples cumuls, ils peuvent représenter des concepts très fonctionnels comme des comparaisons d’extractions comptables, des provisions mathématiques, des encours, des positions… Le tout ventilé par Contrats, Produit, Réseaux, etc…

Capturer la bonne bête

Même si cela peut paraître inconcevable, il nous arrive parfois de devoir rejouer une migration ou une partie de la migration car les données qui nous ont été livrées en entrée n’étaient pas les bonnes… Si, si, je vous assure.

Cela est dû au manque d’automatisation des captures des données et à des procédures manuelles mal documentées.

Dans les projets qui se passent bien, les procédures de capture ont été totalement automatisées. Cela permet de sécuriser la bascule et au bout du compte, de générer des économies car les prises d’images sont, tout au long du projet, une activité récurrente nécessaire pour rafraîchir les environnements de tests, alimenter les campagnes de recette et contrôler l’avancement des fiabilisations.

Recetter, recetter, recetter

La clé de la réussite est une bonne validation du métier de l’application cible chargée avec les données migrées.

Un des risques récurrents est le manque de recette ou plutôt la recette tardive de l’application. Il est fréquent de constater que les recettes commencent effectivement trop tard dans le projet, parfois même lors des premières répétitions de bascules.

On découvre alors tardivement des adaptations à mettre en œuvre qu’il sera parfois difficile de qualifier dans les délais restants.

Les bonnes pratiques prévoient que le périmètre de migration soit incrémenté au fil du projet dans une logique de marche en avant suivant le cycle métier (Client, Comptes, Moyens de Paiement, Opérations, …). On pourra alors mettre en recette des pans fonctionnels cohérents et sécuriser au plus tôt le socle de la migration, évitant ainsi de lourdes modifications de dernière minutes)

S’entraîner pour réussir

Tous les sportifs de haut niveau vous le diront, la clé de leur réussite est l’entraînement. Il est donc nécessaire de répéter les opérations de bascule plusieurs fois, pour s’assurer que tout ira bien.

Il est important de réaliser au moins trois ou quatre répétitions dont deux dans les mêmes conditions que celles de la bascule réelle pour couvrir tous les points.

Même si cela relève de l’anecdote, je ne résiste pas à la tentation de vous raconter la fois où nous avons trouvé le samedi matin à l’aube, les locaux du client fermés et aucun gardien pour ouvrir. Les répétitions avaient été faites en semaine et à des horaires différents… Résultat : deux heures de retard sur le plan de bascule et le transactionnel qui n’a pas été ouvert à l’heure le lundi…

La liste des actions à dérouler, les points de contrôle, les acteurs et l’horaire de référence seront consignés de manière détaillée dans un chronogramme de bascule qui comprendra, outre les traitements de migrations, toutes les opérations à réaliser tant sur la source que sur la cible.

On gèle vraiment

Il n’est pas rare que dans les derniers jours précédant la bascule, le métier redouble d’activité, préférant traiter sur la source un maximum de cas en instance afin qu’ils soient embarqués par la migration.

Cette pratique nécessite d’être encadrée avec attention afin de ne pas risquer de découvrir en cours de bascule réelle, de nouvelles typologies de données nécessitant des règles de migration particulières.

En cas de doute, il est salvateur de réaliser juste avant la bascule réelle une dernière prise d’image et un tir technique de migration afin de s’assurer que tout est bien sous contrôle.

Tout le monde sur le pont

Le jour J, on mobilisera les acteurs du projet afin d’être en mesure de traiter au pied levé des problèmes surprises. Il s’agit le plus souvent de problèmes d’environnement, de réseau ou d’espace disque.

Il peut arriver que l’on découvre une anomalie jusqu’ici passée inaperçue. La mise en œuvre d’une modification de dernière minute est une prise de risque importante qui peut faire plus de mal que de bien, sachant qu’il sera difficile de contrôler tous les impacts avant le chargement final.

En principe, les campagnes de recette et d’homologation on permis de couvrir tous les points et tous les cas pouvant poser problème sont connus et traités… A moins, comme nous l’évoquions plus tôt, que des fiabilisations intempestives ne soient venues semer du sable dans les rouages pourtant bien huilés de la chaîne de migration.

Champagne

La bascule nécessitera un travail intense et… beaucoup de café car on dort peu. C’est surtout l’aboutissement de longs mois de projet et d’une certaine manière une sorte de rite de passage vers le monde d’après. Tous les acteurs qui se sont investis pour la réussite du projet auront à cœur d’être là pour voir l’enfant naître et participer à la fête.

Nul vainqueur ne croit au hasard

La citation de Nietzsche illustre parfaitement ce que doit être un projet bien géré. Tout doit être vérifié et rien laissé au hasard.

Il est possible de mettre toutes les chances de son côté en se faisant accompagner de spécialistes vous apportant expérience, démarche éprouvée et outils performants pour sécuriser votre projet.

On en parle ?

Image by Gerd Altmann from Pixabay

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